Cet article explore les contributions de la sociologie (et des disciplines voisines telles que l’anthropologie, les politiques publiques et les études culturelles) aux travaux de recherche sur le bien-être depuis les Lumières jusqu’à ce jour. Les penseurs avant le 20e siècle, dont les œuvres ont posé les bases des sciences sociales, prenaient le thème du bonheur au sérieux, comme un enjeu central de leurs recherches. Au cours du siècle dernier, les sociologues ont réalisé d’importantes contributions pour comprendre le bonheur, bien que l’absence de cette thématique des manuels, des encyclopédies et des colloques suggère qu’elle n’a jamais été centrale dans les courants dominants. Le rôle de la sociologie dans les recherches sur le bonheur pourrait être considérablement renforcé à travers des approches plus systématiques et explicites, en particulier suivant des méthodes qualitatives. Celles-ci se développeront sans doute prochainement, à mesure que la discipline converge avec les autres sciences sociales (notamment la psychologie et l’économie) qui ont déjà réalisé de grands progrès en convainquant le grand public et les responsables politiques qu’un sujet aussi évanescent que le bonheur puisse être analysé et évalué d’une manière à la fois éclairante et scientifiquement robuste. Une focale bonheur (« happiness lens ») est souhaitable si l’objectif est de renforcer les contributions de la sociologie à la compréhension et à l’essor de sociétés harmonieuses et de vies épanouies. Cette focale pourrait compléter l’approche « pathologiste » avec une certaine « positivité », elle insisterait sur les efforts emprunts d’empathie pour respecter la subjectivité du moi, et viendrait promouvoir le holisme et l’analyse du cycle de vie.
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