Le droit au bonheur des peuples indigènes en isolement volontaire d’Amazonie | Arnaud Martin

The right to happiness of indigenous peoples in voluntary isolation in the Amazon

Résumé

A priori, le droit au bonheur des peuples indigènes en isolement volontaire d’Amazonie, ne devrait pas soulever de problème particulier, puisqu’il ne s’agit que de permettre à ceux-ci de conserver leurs modes de vie en évitant tout contact avec les populations non indigènes. Pourtant, il ne parvient pas à être juridiquement garanti, car cela supposerait de protéger la forêt tropicale, et donc de freiner les activités économiques qui s’y développent. Cela irait à l’encontre des projets des gouvernements, des grands groupes économiques et des simples particuliers qui voient dans ces vastes étendues une opportunité de développement et préfèrent occulter l’écocide et l’ethnocide auxquels conduit la destruction de la forêt amazonienne.

Mots-clés : Peuples indigènes en isolement volontaire ; Droit au bonheur ; Amazonie ; Écocide ; Ethnocide.

Abstract

A priori, the right to happiness of indigenous peoples in voluntary isolation in the Amazon should not raise any particular problems, since this only means allowing them to preserve their way of life by avoiding all contact with non-indigenous populations. However, this separation cannot be legally guaranteed, because this would require protecting the rainforest and therefore stopping the economic activities which develop it. This would run counter to the projects of governments, large businesses, and ordinary individuals who see in these vast expanses an opportunity for development and who prefer to conceal the ecocide and ethnocide to which the destruction of the Amazon rainforest leads.

Keywords: Indigenous peoples in voluntary isolation; Right to happiness; Amazon; Ecocide; Ethnocide.

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L’articulation entre droits des peuples autochtones et droit de l’environnement à la lumière de l’affaire Batwa c. la République démocratique du Congo et de l’Agenda 2030 | Hassane Djibrine

The interplay between Indigenous Peoples’ rights and environmental law in light of the Batwa v. Democratic Republic of the Congo case and the 2030 Agenda

Résumé

L’objectif de cet article est d’analyser l’articulation entre les droits des peuples autochtones et le droit de l’environnement à la lumière de la décision de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (ComADHP) dans l’affaire Batwa c. la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Agenda 2030 de développement durable adopté par les Nations Unies en 2015. Le droit de l’environnement pénètre les droits des peuples autochtones lorsque le mode de vie d’une population autochtone est intimement lié à l’occupation d’un espace naturel protégé et à l’utilisation de ses ressources naturelles. Dans l’affaire Batwa c. la RDC, la ComADHP a affirmé que le modèle de gestion des aires protégées fondé sur l’expulsion des peuples autochtones de leurs terres est désormais dépassé. En s’appuyant sur cette décision non contraignante sur le plan juridique, le présent article met en évidence les perspectives de conciliation ainsi que les possibles contradictions entre droits des peuples autochtones et droit de l’environnement. Il souligne également le défi pour la RDC de concilier le respect du droit à l’autodétermination du peuple Batwa dans les domaines sanitaire, éducatif, culturel, etc. avec ses engagements liés à certains Objectifs de développement durable (ODD), notamment la lutte contre la pauvreté (ODD 1) et la faim (ODD 2), l’assurance de la bonne santé et du bien-être (ODD 3), la garantie d’une éducation de qualité (ODD 4), ou encore la protection de l’environnement (ODD 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15).

Mots-clés : Autodétermination ; Peuples autochtones ; Protection de l’environnement ; Développement durable ; Bonheur ; Bien-être ; Agenda 2030.

Abstract

The aim of this article is to analyse the relationship between the rights of indigenous peoples and environmental law in the light of the decision of the African Commission on Human and Peoples’ Rights (ComADHP) in Batwa v Democratic Republic of Congo (DRC) and the 2030 Agenda for Sustainable Development adopted by the United Nations in 2015. Environmental law penetrates the rights of indigenous peoples when the way of life of an indigenous population is intimately linked to the occupation of a protected natural area and the use of its natural resources. In Batwa v. DRC, the ComADHP affirmed that the model of protected area management based on the expulsion of indigenous peoples from their lands is now outdated. Based on this non-legally binding decision, this article highlights the prospects for reconciling the rights of indigenous peoples and environmental law, as well as possible contradictions. It also highlights the challenge for the DRC of reconciling respect for the Batwa people’s right to self-determination in the areas of health, education, culture, etc. with its commitments to certain Sustainable Development Goals (SDGs), in particular the fight against poverty (SDG 1) and hunger (SDG 2), ensuring good health and well-being (SDG 3), guaranteeing quality education (SDG 4), and protecting the environment (SDGs 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15).

Keywords: Self-determination; Indigenous peo-ples; Environmental protection; Sus-tainable development; Happiness; Welfare; Agenda 2030.

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COP 30 – L’Amazonie et les Peuples Autochtones au centre du monde : une réflexion à partir de l’expérience Me Hoprê Catejê | João Mitia Antunha Barbosa, Leila Saraiva et Francisco Hyjno Krahô

COP30 – The Amazon and Indigenous Peoples at the centre of the world: Reflections based on the Me Hoprê Catejê experience

Résumé

au cœur des agendas mondiaux sur le climat et la biodiversité, en mettant particulièrement l’accent sur les Peuples Autochtones et les Communautés Locales (PA&CL). Bien qu’ils soient de plus en plus reconnus dans les discours internationaux comme des acteurs indispensables pour la préservation des écosystèmes et l’atténuation du changement climatique, ils restent de manière disproportionnée exposés à ses impacts et exclus structurellement des ressources nécessaires au maintien de leurs territoires et de leurs modes de vie. Les preuves scientifiques confirment de manière récurrente leur rôle central dans la conservation de la biodiversité, la séquestration du carbone et la préservation de la couverture végétale. Pourtant, malgré cette reconnaissance, les flux financiers demeurent largement asymétriques, la plupart des soutiens passant par des intermédiaires plutôt que par des mécanismes dirigés par les peuples eux-mêmes. Dans ce contexte, la revendication d’un financement direct—garantissant que les ressources atteignent les organisations et fonds territoriaux autochtones selon leurs priorités et leurs systèmes de gouvernance—est devenue l’une des demandes centrales portées dans les négociations internationales. La COP-30, qui s’est tenue, en 2025, en Amazonie brésilienne, incarne à la fois l’espoir d’une transformation structurelle et le risque d’une inclusion purement symbolique. Pour illustrer ces tensions, le texte présente une étude de cas de l’initiative de surveillance territoriale du peuple Krahô, Me Hoprê Catejê. Née d’une mobilisation autonome et soutenue par des organisations autochtones et alliées, cette initiative illustre la créativité et la résilience des stratégies autochtones de protection territoriale. Elle met également en lumière les limites imposées par l’absence de ressources continues, la fragilité des politiques publiques et une architecture mondiale du financement climatique qui privilégie les intermédiaires bureaucratiques au détriment des communautés. Pour les Krahô, la surveillance territoriale ne se limite pas à une simple action technique, mais s’inscrit dans les rituels, la mobilité et l’organisation sociale, reflétant ainsi une relation cosmologique profonde avec le Cerrado. En ce sens, la surveillance territoriale constitue à la fois un acte de résistance et une affirmation d’autonomie, tout en révélant les asymétries persistantes entre les pratiques autochtones de soin et les cadres institutionnels qui prétendent les encadrer. L’analyse montre que ces dilemmes ne sont pas conjoncturels mais structurels, profondément enracinés dans les contradictions durables entre PA&CL, États et institutions globales. Les solutions à la crise climatique ne peuvent être abstraites, technocratiques ou déconnectées des réalités communautaires ; elles doivent impliquer le renforcement des droits territoriaux et le soutien durable aux initiatives portées par les peuples. En reliant les débats mondiaux de la COP-30 aux pratiques quotidiennes de surveillance et de soin du territoire Krahô, cet article souligne que l’avenir de la gouvernance climatique dépendra de la capacité à articuler négociations globales et réalités locales. La durabilité des réponses planétaires au changement climatique suppose de reconnaître que les PA&CL sont non seulement disproportionnellement menacés par ces crises, mais qu’ils incarnent également de nombreux savoirs nécessaires pour proposer des solutions viables.

Mots-clés : Peuples Autochtones et Communautés Locales ; COP 30 ; Amazonie ; Financement direct ; Peuple Krahô.

Abstract

This study analyses the contradictions at the heart of global climate and biodiversity agendas, with particular emphasis on Indigenous Peoples and local communities (IPLCs). Although they are increasingly recognised in international discourse as essential actors in ecosystem preservation and climate change mitigation, they remain disproportionately exposed to its impacts and structurally excluded from the resources required to sustain their territories and ways of life. Scientific evidence consistently confirms their central role in biodiversity conservation, carbon sequestration and the preservation of vegetation cover. Yet, despite this recognition, financial flows remain highly asymmetrical, with most support channelled through intermediaries rather than through mechanisms led by Indigenous Peoples and local communities themselves. In this context, the demand for direct funding—ensuring that resources reach Indigenous organisations and territorial funds in accordance with their own priorities and governance systems—has become a central issue in international negotiations. COP30, held in the Brazilian Amazon in 2025, embodied both the hope of structural transformation and the risk of merely symbolic inclusion. To illustrate these tensions, the article presents a case study of the Me Hoprê Catejê territorial monitoring initiative of the Krahô people. Emerging from autonomous mobilisation and supported by Indigenous and partner organisations, this initiative illustrates the creativity and resilience of Indigenous strategies for territorial protection. It also highlights the constraints created by a lack of sustained funding, fragile public policies and a global climate finance architecture that favours bureaucratic intermediaries over communities. For the Krahô, territorial monitoring is not merely a technical activity; it is embedded in rituals, mobility and social organisation, thereby reflecting a profound cosmological relationship with the Cerrado. In this sense, territorial monitoring constitutes both an act of resistance and an assertion of autonomy, while revealing the persistent asymmetries between Indigenous practices of care and the institutional frameworks that claim to govern them. The analysis shows that these dilemmas are not merely circumstantial but structural, deeply rooted in the enduring contradictions between IPLCs, states and global institutions. Solutions to the climate crisis cannot be abstract, technocratic or disconnected from community realities; they must involve strengthening territorial rights and providing sustained support for initiatives led by Indigenous Peoples and local communities. By connecting the global debates surrounding COP30 with everyday Krahô practices of monitoring and caring for their territory, this article emphasises that the future of climate governance will depend on the ability to connect global negotiations with local realities. The sustainability of global responses to climate change requires recognition that IPLCs are not only disproportionately threatened by these crises but also embody many of the knowledge systems needed to develop viable solutions.

Keywords: Indigenous Peoples and local communities; COP30; Amazon; Direct funding; Krahô people.

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Le droit au bonheur des peuples autochtones … selon le colonisateur italien. Brève histoire juridique d’une pharisienne construction dogmatique | Franck Laffaille

The right to happiness of indigenous peoples … according to the Italian colonizer. A brief legal history of a pharisaical dogmatic construction

Résumé

Le droit au bonheur des peuples autochtones est appréhendé, le plus souvent, avec les yeux de ces derniers. Une autre lecture est opérée ici : lire ce droit avec le regard du colonisateur, italien en l’espèce. L’œuvre coloniale se veut émancipatrice : elle soutient apporter le bonheur civilisationnel aux populations conquises, notamment en abolissant l’esclavage. Un discours politico-juridique – aussi sémantiquement bienveillant qu’hypocrite matériellement – est développé : répétant à l’envie qu’il respecte les coutumes et traditions locales, le colonisateur s’érige en violent gardien (pénal) des bonnes mœurs et de la (sa) morale. La prétention du colonisateur – apporter le bonheur civilisationnel – va de pair avec la sujétion de peuples regardés comme ontologiquement inférieurs.

Mots-clés : Colonisation italienne ; Racisme ; Infériorité civilisationnelle ; Droit coutumier (local) ; Droit pénal (italien).

Abstract

The right to happiness of indigenous peoples is most often apprehended through their eyes. Another approach is taken here: reading this right through the eyes of the colonizer, in this case the Italian. The colonial project was intended to emancipate: it aimed to bring civilizational happiness to the conquered populations, notably by abolishing slavery. A politico-legal discourse – as semantically benevolent as it is materially hypocritical – is developed: repeating over and over that it respects local customs and traditions, the colonizer sets himself up as the violent (penal) guardian of good morals and (his) morality. The colonizer’s claim – to bring civilizational happiness – goes together with the subjection of peoples regarded as ontologically inferior.

Keywords: Italian colonization; Racism; Civilizational inferiority; Customary (local) law; (Italian) Criminal law.

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Appel à contributions : « Les sciences du bonheur face aux polycrises Â»

Dans le cadre d’un futur numéro thématique, la revue Sciences et Bonheur lance un appel à contributions sur le thème « Les sciences du bonheur face aux polycrises » sous la coordination de Gaël Brulé, Laetitia Dillenseger, Pascale Haag, Laurent Sovet et Franck Zenasni (par ordre alphabétique).

Quand nous pensons au zeitgeist actuel, « bonheur » n’est pas nécessairement le premier mot qui nous vient à l’esprit tant l’actualité semble remplie de négativité et d’incertitude, qu’elle soit géopolitique, économique, sociale ou climatique. Dans ce contexte troublé, le bonheur pourrait paraître naïf, voire à contretemps des enjeux du moment. Ce qui pourrait sembler être un conflit des horizons n’en est un que si l’on considère le bonheur comme une simple quête individuelle de bien-être ? En regardant le bonheur comme un enjeu collectif et politique majeur, il serait possible d’argumenter que c’est justement le moment d’y penser ou d’en repenser les contours.

En mars 2026, une journée d’étude internationale a été organisée sur ce thème à l’occasion des dix années de la revue. Un programme pluridisciplinaire a permis de rassembler 14 interventions complémentaires sur ce thème. Organisé dans un format hybride, 70 participants issus de 7 pays y ont pris part. Dans les conclusions, il est apparu que les sciences du bonheur ont toute leur place dans l’analyse des polycrises contemporaines. Les échanges ont souligné la nécessité de penser le bonheur comme un phénomène situé, relationnel, traversé par des rapports de pouvoir, des inégalités sociales, des contraintes environnementales et des choix politiques. En ce sens, les crises actuelles invitent moins à suspendre la réflexion sur le bonheur qu’à la renouveler.

Ce numéro thématique souhaite ainsi interroger ce que les polycrises font au bonheur, mais aussi ce que les sciences du bonheur permettent de comprendre des polycrises. Comment les individus, les groupes et les sociétés redéfinissent-ils les conditions d’une vie heureuse dans des contextes marqués par l’instabilité, la vulnérabilité ou l’incertitude ? De quelles ressources disposent-ils pour préserver, reconstruire ou transformer leur rapport au bonheur ? Dans quelle mesure les crises révèlent-elles les limites de certaines conceptions du bonheur, notamment lorsqu’elles reposent sur des logiques individualistes, consuméristes ou dépolitisées ?

Les propositions pourront s’inscrire, sans s’y limiter, dans les axes suivants :

  • les effets des crises géopolitiques, économiques, sociales, sanitaires ou écologiques sur les expériences subjectives du bonheur ;
  • les liens entre bonheur, vulnérabilités, inégalités et justice sociale ;
  • les formes individuelles et collectives de résistance, d’adaptation ou de résilience ;
  • les transformations des aspirations, des normes et des représentations du bonheur en contexte de crise ;
  • les politiques publiques, territoriales ou institutionnelles visant à promouvoir le bien-être et le bonheur dans un monde instable ;
  • les apports et les limites des méthodes de mesure du bonheur face à des situations de crise multiples et imbriquées.

La revue Sciences & Bonheur accueillera des contributions empiriques, théoriques ou méthodologiques relevant de l’ensemble des disciplines, ainsi que des approches interdisciplinaires. Les articles pourront porter sur des terrains variés, à différentes échelles, et proposer des éclairages comparatifs ou situés. Ce numéro entend ainsi offrir un espace de réflexion scientifique sur les manières dont le bonheur peut être pensé, éprouvé, mesuré ou mis à l’épreuve dans le monde contemporain.

Soumettre une contribution

Les contributions pourront prendre la forme d’études empiriques, de revues de la littérature, de réflexions théoriques. Elles se composent de 20 000 à 60 000 signes (incluant les espaces et les références bibliographiques). Ces contributions s’accompagnent d’un titre, d’un résumé, d’une série de trois à sept mots-clés en français et en anglais. Les recensions d’ouvrage et les résumés de thèse se composent de 6 000 à 12 000 signes (incluant les espaces et les références bibliographiques). Elles devront être présentées de manière conforme aux standards de la revue Sciences et Bonheur. Les contributions rédigées en anglais sont les bienvenues.

Lien vers les consignes de rédaction : https://sciences-et-bonheur.org/soumettre-un-article/

Si vous souhaitez proposer un projet d’écriture dans le cadre de ce numéro thématique, merci de nous faire parvenir un résumé de 400 mots maximum de votre proposition, accompagnée d’un titre, de trois à sept mots-clés, d’une bibliographie et de vos coordonnées, par courriel pour le mardi 30 juin 2026 au plus tard. Une réponse de la part du comité éditorial sera adressée sous un délai maximum de deux semaines. Les propositions jugées pertinentes par la direction scientifique devront s’engager à fournir la version finale de leur texte pour le lundi 30 novembre 2026 au plus tard. La publication de ce numéro thématique est prévue au printemps 2027. Néanmoins, le comité éditorial propose une mise en ligne des articles au fil de l’eau avec la possibilité d’une publication anticipée. Nous attendons vos contributions !

Contact : edition@sciences-et-bonheur.org

Télécharger l’appel à contributions dans sa version complète

Bilan de la journée d’étude sur le bonheur

La journée d’étude sur le bonheur intitulée « Les sciences du bonheur face aux polycrises » s’est déroulée le lundi 23 mars 2026. Un programme pluridisciplinaire a permis de rassembler 14 interventions complémentaires sur ce thème. Nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des intervenant·e·s pour la qualité de leur contribution.

Cette journée d’étude a été proposée dans un format hybride. Il était possible d’y participer en présentiel dans les locaux de l’Université Paris Cité situés à Boulogne-Billancourt (Campus de Boulogne) et en distanciel. Au total, 70 participant·e·s issu·e·s de 7 pays y ont pris part. Au regard de ce bilan très positif, nous prévoyons de renouveler l’initiative en 2027.

Toutes les ressources partagées par les intervenant·e·s sont disponibles sur cet espace numérique : https://cloud.u-paris.fr/s/L66wLCBTwKqzqow

Un appel à contribution sera prochainement lancée en vue de proposer un numéro thématique sur le thème de cette journée d’étude. Toutes les informations seront communiquées sur notre site internet.

Nous remercions également l’ensemble du comité d’organisation pour avoir permis la tenue de cet événement et pour avoir contribué à sa réussite.

Journée d’étude sur le bonheur – Lundi 23 mars 2026

Le comité éditorial de la revue Sciences & Bonheur a le plaisir de vous annoncer l’organisation d’une journée d’étude intitulée « Les sciences du bonheur face aux polycrises », qui se tiendra le lundi 23 mars 2026. Cet événement est proposé en format hybride. Il est possible d’y participer en présentiel dans dans les locaux de l’Université Paris Cité situés à Boulogne-Billancourt (Campus de Boulogne) et en distanciel. La participation est gratuite mais l’inscription est obligatoire.

Voici le lien d’inscription : https://sondage.app.u-paris.fr/328657

Le programme complet et les modalités d’inscription sont disponibles sur le site internet dédié à l’événement : https://sites.google.com/view/jdb2026

N’hésitez pas à diffuser cette information dans vos réseaux !

Bonne année 2026 !

La revue Sciences & Bonheur vous souhaite une bonne année 2026 !

Nous vous remercions pour votre fidélité et votre soutien tout au long de l’année écoulée. Votre engagement à nos côtés est précieux et nous encourage à poursuivre notre mission : diffuser des connaissances et promouvoir des réflexions enrichissantes sur les sciences du bonheur.

En 2026, notre revue célébrera fièrement son dixième anniversaire. À cette occasion, nous prévoyons d’organiser une journée d’études en mars 2026. Le programme est en cours de préparation. Nous ne manquerons pas de revenir vers vous très prochainement.

Recension de « Indigeneity, culture and the UN Sustainable Development Goals » de Dominic O’Sullivan (Palgrave Macmillan, 2023) | Laurent Sovet

Dominic O’Sullivan est professeur de sciences politiques à la Faculté du travail social et des arts (School of Social Work and Arts) et à l’Institut de recherche pour la pensée autochtone Yindymarra Nguluway (Yindymarra Nguluway Research Institute for Indigenous Thinking) de l’Université Charles-Sturt (Charles Sturt University), en Australie. Ses travaux de recherche portent principalement sur l’autodétermination des peuples autochtones, la citoyenneté différenciée, la justice politique et les relations entre peuples autochtones et institutions étatiques dans les démocraties libérales contemporaines. Son ouvrage intitulé « Indigeneity, culture and the UN Sustainable Development Goals » (2023) s’inscrit dans cette perspective en proposant une lecture critique de l’Agenda 2030 des Nations Unies et des Objectifs de Développement Durable (ODD) à travers le prisme de l’autodétermination et des droits des peuples autochtones.

L’histoire des ODD s’inscrit dans une dynamique amorcée dès les années 1970, où l’idée de soutenabilité va peu à peu prendre de l’essor dans les débats internationaux (Jacob, 2025). Après plusieurs décennies de conférences, de rapports et d’engagements progressifs, les ODD sont officiellement adoptés en 2015 dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Au total, 17 ODD ont été proposés, couvrant les grands enjeux contemporains : la pauvreté (ODD 1), la faim (ODD 2), la santé (ODD 3), l’éducation (ODD 4), l’égalité entre les sexes (ODD 5), l’eau et l’assainissement (ODD 6), l’énergie (ODD 7), la croissance économique et l’emploi (ODD 8), l’industrie et l’innovation (ODD 9), la réduction des inégalités (ODD 10), les villes durables (ODD 11), la consommation et la production responsables (ODD 12), le climat (ODD 13), les océans (ODD 14), les écosystèmes terrestres (ODD 15), la paix et la justice (ODD 16), et enfin les partenariats pour le développement (ODD 17). Chaque ODD est opérationnalisé à travers des cibles et des indicateurs. Dans la version datant de mars 2025, cela représente 169 cibles et 234 indicateurs uniques (Nations Unies, n.d.). Ces indicateurs jouent un rôle central dans le suivi des progrès réalisés, en fournissant un cadre de référence quantifiable pour orienter les politiques publiques, comparer les performances entre pays et identifier les domaines nécessitant des efforts accrus (Hák et al., 2016).

Bien qu’il n’existe aucune définition consensuelle de la notion de « peuple autochtone », la Déclaration des Unies sur les droits des peuples autochtones (Nations Unies, 2007) offre des repères très largement partagés par la communauté internationale. En l’occurrence, la définition synthétique suivante peut être citée : « Les peuples autochtones ont en commun une continuité historique avec un territoire donné avant la colonisation et entretiennent un lien fort avec leurs terres. Ils maintiennent, du moins en partie, des systèmes sociaux, économiques et politiques distincts. Ils ont des langues, des cultures, des croyances et des systèmes de connaissances distincts. Ils sont déterminés à maintenir et à développer leur identité et leurs institutions distinctes et ils constituent un secteur non dominant de la société. » (Nations Unies, n.d.).

Comme le souligne Odulaja et Halseth (2018, p. 9), « les ODD sont particulièrement importants pour les peuples autochtones, qui proviennent de tous les continents du monde, qui partagent la même réalité de marginalisation et qui sont en moins bonne santé comparativement à leurs homologues non autochtones ». Pour autant, O’Sullivan (2023) fait le constat que seulement deux indicateurs font explicitement référence aux peuples autochtones dans l’ODD2 et l’ODD4. Ainsi, l’auteur pose le constat suivant : « Les ODD sont remarquables par l’ampleur de leurs ambitions, mais aussi par leur manque d’attention à la culture, qui, comme le montre cet ouvrage, est une composante indispensable de la justice et essentielle à l’autodétermination des peuples autochtones (O’Sullivan, 2023, p. 6). Il s’agit là de la thèse défendue tout au long de l’ouvrage : les ODD, dans leur conception actuelle, ne permettent pas de répondre pleinement aux aspirations politiques, culturelles et institutionnelles des peuples autochtones, faute de reconnaître la centralité de la culture dans leur bien-être et leur autodétermination. En conséquence, l’auteur appelle à une relecture critique des ODD à la lumière de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Nations Unies, 2007), afin d’en révéler les angles morts et d’en renforcer la portée transformative. O’Sullivan invoque régulièrement le principe fondateur de l’Agenda 2030 – Leave no one behind (i.e., « ne laisser personne de côté ») – pour en souligner les limites profondes, notamment lorsqu’il s’agit des peuples autochtones. De manière transversale, cette lecture critique du principe d’inclusion universelle est partagée par d’autres auteur·e·s, qui insistent sur la dimension éminemment politique des ODD et sur les inégalités de pouvoir qu’ils peuvent reproduire malgré leur rhétorique inclusive (e.g., Klasen & Fleurbaey, 2018 ; Weber, 2017).

Dans cet ouvrage comprenant 284 pages, cette thèse est argumentée au travers 12 chapitres, et illustrée à travers plusieurs domaines comme l’économie (Chapitre 8), l’éducation (Chapitre 9) et la santé (Chapitre 10). L’auteur s’appuie sur de nombreux exemples issus de différents pays comme l’Australie, le Canada ou la Suède. Plusieurs liens entre les chapitres sont proposés, rendant la lecture plus facile. Par exemple, les chapitres sur la santé, l’éducation et l’économie prolongent la réflexion amorcée dans les premiers chapitres sur la justice, la participation politique et la culture, montrant ainsi comment ces dimensions se renforcent mutuellement. Les références bibliographiques offrent des sources claires pour approfondir les arguments soulevés. Le dernier chapitre (Chapitre 12) se termine par une proposition ambitieuse visant à réinterroger les indicateurs opérationnels de chaque ODD au travers des droits, des expériences et des valeurs des peuples autochtones, en vue de repenser le développement sur des bases véritablement inclusives, équitables et culturellement respectueuses. Par exemple, l’auteur propose deux indicateurs spécifiques pour l’ODD relatif à l’éducation (ODD 4) avec « Les peuples autochtones peuvent définir ce qu’est une éducation de qualité et la poursuivre à travers leurs propres institutions et/ou celles de l’État » (O’Sullivan, 2023, p. 263) et « Les peuples autochtones doivent être représentés de manière au moins proportionnelle dans le personnel éducatif, exercer une influence équitable sur la conception et la mise en œuvre des politiques éducatives, et avoir accès à une éducation culturellement consciente et efficace » (O’Sullivan, 2023, p. 263).

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur met en avant l’importance du dialogue entre les peuples autochtones et les institutions étatiques, en insistant sur la nécessité d’un rapport fondé non pas sur l’assimilation ou la simple consultation, mais sur une reconnaissance mutuelle, fondée sur l’égalité politique, le respect culturel et la justice épistémique. Ce dialogue, pour être véritablement transformateur, suppose que les peuples autochtones puissent participer à la définition des normes et des objectifs du développement, et non simplement s’y adapter. O’Sullivan (2023) plaide ainsi pour une relation politique dans laquelle la parole autochtone est pleinement légitime dans la fabrique des politiques publiques. Dans les dernières pages, il rappelle la complexité et la portée politique de cette exigence (O’Sullivan, 2023, p. 258) :

« La culture est une composante des résultats politiques justes, car la politique n’est pas un processus technique ou intellectuellement neutre. Qui élabore la politique, comment, pourquoi et dans quels intérêts détermine son impact matériel et justifie la présence autochtone à chaque étape de son élaboration, de sa mise en œuvre et de son évaluation. La politique est un lieu de confrontation et de résistance. Opposer l’affirmation de l’autorité coloniale à la résistance autochtone par la politique révèle des perspectives différentes sur la nature de l’égalité humaine. Ce contraste montre comment et pourquoi il est essentiel que les Objectifs de développement durable insistent sur l’égalité et lui donnent priorité, en tant que principe fondamental dont dépend la réalisation du « ne laisser personne de côté ». »

En tant que point d’intérêt de la revue Sciences & Bonheur, le bonheur des peuples autochtones est régulièrement évoqué. Il est le plus souvent évoqué comme un indicateur à poursuivre, à définir et à évaluer dans la mise en œuvre des ODD. Par exemple, O’Sullivan (2023, p. 170) mentionne que « les personnes considèrent la culture comme contribuant à définir le bien-être ». Il met également en avant l’importance des conceptions autochtones du bien-être pour mieux appréhender cette notion (O’Sullivan, 2023, p. 57) : « Les savoirs et les modes de pensée autochtones présument généralement l’existence de relations entre les êtres humains et leur environnement, le bien-être de l’un étant inséparable de celui de l’autre ». Des liens peuvent ainsi s’envisager entre cette approche relationnelle du bien-être et d’autres travaux scientifiques contemporains portant sur les conceptions autochtones du bonheur (Mackean et al., 2022 ; Misra et al., 2024 ; Reyes-García et al., 2021).

D’une manière générale, O’Sullivan (2023) aborde le bien-être essentiellement dans une perspective collective et relationnelle, en l’articulant étroitement à la reconnaissance des droits culturels, à l’autodétermination politique et à la participation des peuples autochtones aux institutions décisionnelles. Dans cette optique, l’autodétermination n’est pas simplement une revendication politique, mais constitue bien le cœur du bien-être collectif autochtone, entendu comme la capacité d’un peuple à vivre selon ses propres valeurs et à gouverner ses propres affaires. Toutefois, on peut regretter que l’auteur n’explore que très marginalement l’articulation possible entre bien-être individuel et bien-être collectif. L’ouvrage adopte en effet une lecture largement centrée sur les communautés ou les peuples dans leur ensemble, sans approfondir les dimensions subjectives, psychologiques ou existentielles du bonheur au niveau individuel, pourtant cruciales dans certains contextes autochtones contemporains, marqués par des trajectoires singulières de souffrance, de résilience ou de revitalisation. Comme le souligne Klasen et Fleurbaey (2018), cette tension entre les indicateurs à l’échelle des individus, des groupes et des pays soulève des enjeux méthodologiques et politiques majeurs dans le suivi et l’évaluation des ODD.

L’article 3 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Nations Unies, 2007, p. 8) mentionne le droit à l’autodétermination, précisant qu’« en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ». Dans cette perspective, cet ouvrage invite à réinterroger les cadres normatifs des ODD afin de garantir une pleine participation des peuples autochtones à la définition de leur propre trajectoire de développement. Il rappelle ainsi que l’autodétermination n’est pas seulement un enjeu politique, mais constitue aussi un fondement essentiel du bonheur collectif.

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#recension

Recension de « Évaluer le bien-être et les ressources psychologiques : À l’école, au travail et en psychothérapie » de Sophie Lantheaume, Rebecca Shankland et Samia Ben Youssef Mnif (De Boeck Supérieur, 2023) | Laurent Sovet

Dans le paysage francophone, Sophie Lantheaume, Rebecca Shankland et Samia Ben Youssef Mnif apportent une contribution remarquable avec leur ouvrage « Évaluer le bien et les ressources psychologiques : À l’école, au travail et en psychothérapie » (2023), en rassemblant pour la première fois une sélection exhaustive d’outils de mesure du bien-être et des ressources psychologiques.

Pour mieux comprendre les origines et l’évolution de la mesure du bonheur, il est utile de revenir sur les premières tentatives de sa quantification. George W. Hartmann (1904-1955), chercheur américain en psychologie sociale, est souvent cité comme une figure pionnière dans la mesure psychologique du bonheur. En 1934, il réalise une étude auprès de 195 étudiant·e·s américain·e·s en deuxième année de psychologie. Chaque participant·e était invité·e à évaluer son niveau de bonheur perçu en répondant à un item unique formulé de la manière suivante : « Si vous vous comparez à d’autres personnes du même sexe et du même âge, comment évalueriez-vous votre bonheur général ? » (Hartmann, 1934, p. 205). Une échelle de Likert en 7 points allant de « Beaucoup moins heureux ou heureuse que les autres » à « Beaucoup plus heureux ou heureuses que les autres ». Pourtant, cette publication a eu un impact limité dans un contexte où les mesures subjectives du bonheur n’étaient pas considérées comme suffisamment rigoureuses (Oishi, 2012). C’est à partir des années 1960 que les sciences du bonheur connaissent un nouvel essor, avec un nombre croissant d’indicateurs et d’échelles psychométriques pour en évaluer les différentes facettes (Oishi, 2012 ; Sovet, 2014). Les mesures auto-évaluées du bonheur sont alors de plus en plus fréquemment utilisées. Dans la première revue de la littérature consacrée à ce sujet, Wilson (1967, p. 294) dresse un premier constat : « La plupart des études sur le bonheur ont eu recours à une forme de mesure directe, auto-déclarée et de type questionnaire ; il semble donc pertinent de les considérer comme des études portant sur le bonheur revendiqué ».

Quelques décennies plus tard, plusieurs synthèses récentes témoignent du dynamisme des recherches sur le bonheur et sur la place accordée à ses mesures (Barrington-Leigh & Escande, 2018 ; Cooke et al., 2016 ; Lindert et al., 2015 ; Linton et al., 2016 ; Tsang et al., 2011 ; Žukauskienė et al., 2015). Ces publications s’appuient principalement sur des revues de la littérature scientifique internationale. À ce jour, rares sont les travaux offrant une revue synthétique des indicateurs et des échelles psychométriques disponibles en langue française pour mesurer le bonheur (e.g., Bouffard & Lapierre, 1997 ; Buzaud et al., 2019 ; Zeidan, 2012). C’est dans cette continuité que se situe aujourd’hui cet ouvrage.

Sophie Lantheaume est docteure en psychologie de la santé, chercheure associée au Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie – Personnalité, Cognition, Changement Social (LIP/PC2S) et psychologue clinicienne. Rebecca Shankland est professeure de psychologie du développement dans l’Unité de Recherche Développement, Individu, Processus, Handicap, Éducation (DIPHE) de l’Université Lumière Lyon 2 et membre de l’Institut Universitaire de France. Samia Ben Youssef Mnif est maître de conférences en psychologie sociale, du travail et de l’orientation à l’Université de Tunis et membre de l’Unité de Recherche Éducation, Cognition, TICE et Didactique (ÉCOTIDI) de l’Université Virtuelle de Tunis. Ces trois auteures proposent un ouvrage présentant plus de 100 échelles psychométriques disponibles en langue française, conçues pour évaluer le bien-être, les ressources psychologiques et les dimensions associées, dans divers contextes d’intervention et auprès de différents publics.

Composé de 352 pages réparties en sept chapitres, l’ouvrage s’ouvre sur une préface de Jean-Luc Bernaud, professeur des universités en psychologie et membre du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement au Conservatoire National des Arts et Métiers. Dans ce texte introductif, il insiste sur les précautions éthiques et méthodologiques indispensables à l’usage des échelles psychométriques, tout en mettant en lumière les finalités qu’elles peuvent servir. À ce titre, citons le passage suivant qui offre un éclairage très complet sur les usages possibles (Bernaud, 2023, p. 5) :

« – Illustrer concrètement des théories existantes, en échantillonnant et en exposant des facettes des dimensions individuelles susceptibles de se manifester dans différents contextes ;

– Objectiver des indicateurs qui resteraient sinon cantonnés au rang des intuitions, en construisant et en proposant, avec une visée opérationnelle, des paramètres fiables et transparents ;

– Évaluer des interventions et des pratiques, à partir d’une méthodologie expérimentale ou quasi expérimentale, impliquant des mesures répétées et permettant des comparaisons entre groupes ;

– Élaborer des modèles théoriques complexes, en s’appuyant sur des analyses de parcours des approches multi-niveaux ;

– Illustrer des cas cliniques servant pour la formation, l’analyse de pratiques et le partage d’expériences. »

Les chapitres débutent par un bref exposé théorique du thème abordé, puis se poursuivent par une présentation détaillée de chaque échelle psychométrique (Chapitre 1 à Chapitre 6). Ces présentations suivent un format relativement standard comprenant sept rubriques successives. Les applications précisent les contextes d’utilisation. Le mode de passation décrit comment administrer l’outil. La présentation comporte une présentation complète (cf. le plus souvent) ou partielle des consignes et des items. La cotation explique le calcul des scores. Les études de validation fournissent une présentation des qualités psychométriques avec une attention particulière sur les études portant sur les validations francophones. Les normes permettent de situer un score par rapport à des groupes de référence. Enfin, les conclusions synthétisent les points forts, les limites et les recommandations d’usage. Chaque chapitre se termine par une bibliographie organisée de façon à faciliter l’identification des sources associées à chaque outil présenté.

Un dernier chapitre (Chapitre 7), intitulé « Utilisation concrète des échelles de mesure du bien-être et des ressources psychologiques », propose des recommandations pratiques ainsi que des illustrations visant à guider l’usage des outils psychométriques dans différents contextes d’intervention. Les propos se centrent plus particulièrement sur la mesure de l’efficacité des interventions. Ils mettent particulièrement l’accent sur l’évaluation visant à quantifier un certain niveau de bien-être ou de ressources psychologiques, ainsi que sur l’intégration de ces outils dans l’analyse de l’efficacité des interventions en psychologie positive.

Dans cet ouvrage, l’évaluation du bien-être et des ressources psychologiques s’appuie principalement sur des échelles psychométriques basées sur une auto-évaluation. Les auteures justifient ce choix en indiquant que « la mesure subjective du bien-être traduit ainsi le constat selon lequel la personne la mieux placée pour juger de son degré de bien-être ou de bonheur est l’intéressé lui-même » (Lantheaume et al., 2023, p. 11). Or, il convient de rappeler que l’auto-évaluation peut être associée à des distorsions volontaires (e.g., biais de désirabilité sociale) et involontaire (e.g., tendance à l’acquiescement) dans les réponses à une mesure auto-évaluée (Bernaud et al., 2014). Ces limites appellent à une vigilance accrue selon les contextes d’utilisation (Udayar & Antonietti, 2021). La conclusion de l’ouvrage semble en tenir compte en encourageant le recours à des méthodologies mixtes, combinant les échelles psychométriques à d’autres méthodes complémentaires, telles que les entretiens ou les mesures physiologiques. Elles précisent que « cette pluralité d’outils permet d’appréhender de manière plus fine la complexité de l’expérience humaine » (Lantheaume et al., 2023, p. 337).

Au regard de l’importance accordée à l’étayage des qualités psychométriques, un chapitre introductif consacré à la validité, à la fidélité et à la sensibilité aurait été utile, notamment pour le lectorat non familier de ces notions. Dans cette perspective, il peut être intéressant de compléter cette lecture par des ouvrages d’introduction à la psychométrie (Bernaud, 2007 ; 2014 ; Hogan, 2017). En conclusion, « Évaluer le bien et les ressources psychologiques : À l’école, au travail et en psycho-thérapie » s’impose comme une référence majeure, en contribuant activement à la diffusion et à l’accessibilité des outils psychométriques francophones dans le champ du bien-être et des ressources psychologiques. Les auteures ont engagé des démarches rigoureuses auprès des équipes de recherche afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour reproduire les échelles et les rendre disponibles, dans le respect des droits d’auteur·e·s et des principes déontologiques. En rassemblant plus de 100 outils validés et contextualisés, cet ouvrage constitue un véritable guide pratique, tout en participant à la structuration d’un domaine en plein essor. Ce travail s’adresse ainsi à toute personne souhaitant intégrer des mesures fiables et pertinentes dans ses démarches d’évaluation, d’intervention ou de recherche.

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