Appel à contribution Dans le…

Appel à contribution bien-être et développement durable

Dans le cadre du numéro 8 à venir, la revue Sciences et Bonheur lance, en partenariat avec le Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI), un appel à contributions sur les rapports entre bien-être des personnes et développement durable. Les thèmes des contributions pourront par exemple porter sur les indicateurs, la consommation, la biodiversité, les territoires, les biais cognitifs, les ressources en tous genres (économique, sociale, psychologique) etc.
Les contributions pourront prendre la forme de revues de questions, d’études empiriques ou de textes de réflexion. Elles devront être présentées de manière conforme aux standards de la revue Sciences et Bonheur. Les contributions ne dépasseront pas 50 000 signes (notes et références comprises).
Si vous souhaitez proposer un projet d’article dans le cadre de ce numéro thématique, merci de nous faire parvenir un résumé de 400 mots maximum de votre proposition d’article, accompagnée d’un titre, de quatre à six mots-clefs, d’une bibliographie indicative et de vos coordonnées, par courriel pour le 15 juin 2021 au plus tard à l’adresse électronique suivante : edition@sciences-et-bonheur.org
Les propositions qui auront été jugées pertinentes par la direction scientifique devront s’engager à fournir la version finale de leur texte pour le 31 octobre 2021 au plus tard. Nous attendons vos contributions !

Calendrier prévisionnel :
Remise des propositions d’articles : 15 juin 2021
Avis du comité de lecture : 30 juin 2021
Remise des articles proposés : 31 octobre 2021
Remise des articles corrigés : 31 janvier 2021
Mise en ligne des articles : 30 juin 2022

En savoir plus :
https://cri-paris.org/

Recension par Thierry Nadisic, décembre…

Recension par Thierry Nadisic, décembre 2020

Penser, travailler et apprendre autrement : les nouveaux espaces de travail, récit d’une expérimentation
Thierry Picq, Sounita Rabut, Stéphane Parisot, Bahar Demir et Anaïs Potet
Collection direction innovation emlyon business school, 2020

Nous savons que la révolution des technologies de l’information change nos façons de travailler et d’apprendre. Mais qu’est-ce cela veut dire concrètement ? Le nouveau livre « Penser, travailler et apprendre autrement » nous raconte une expérience collective au cœur de cette transformation. Il nous fait entrer dans l’intimité de l’équipe du Silex, qui a été pendant deux ans le laboratoire d’innovation de la grande école emlyon business school.

Au-delà de la description passionnante de son fonctionnement, le livre nous fait découvrir à la fois la dynamique de création et de fermeture de ce type d’organisation ainsi que ses buts et ses résultats concrets. Encore plus fondamentalement, il est une source de réflexions et d’actions pour tous ceux qui cherchent comment mieux piloter l’innovation, la pédagogie, le management et la structuration physique d’un espace de travail.

Nous apprenons que le Silex a été créé en 2017 dans le contexte favorable d’un plan de transformation stratégique et organisationnel de l’école afin de favoriser celui-ci. Il s’agissait de participer à changer une culture et des comportements pour les orienter vers un esprit d’innovation. Concrètement cela signifiait développer la capacité collective à inventer les formations, les méthodes pédagogiques et les pratiques managériales de demain. Un deuxième objectif consistait à être un test sur 1000 m2 du futur campus de l’école qui serait trente fois plus grand.

La nouvelle culture d’innovation que ce lieu aidait à construire était faite d’agilité, d’ouverture vers l’extérieur, de transversalité, de convivialité et d’esprit positif. Elle était le fondement même du nouveau référentiel de compétences que l’école venait de développer pour tous ses programmes sous le nom « early maker ». Celui-ci consistait en la capacité à entreprendre de façon collaborative en prototypant rapidement des projets combinant de nouvelles technologies au service de besoins sociétaux.

Le livre montre comment le Silex est devenu la concrétisation portée par une équipe aux multiples talents de cette culture et de ce profil de compétences. Son fonctionnement était ouvert aux émergences de toutes sortes. Il favorisait l’hybridation des personnes internes et externes à l’organisation et était orienté sur l’expérience concrète. Il montrait que les nouvelles pratiques de management centrées sur le bien-être fonctionnaient et pouvaient s’organiser dans un espace de travail ouvert et modulable aussi loin de la standardisation que des open-spaces. Une scénographie forte en symboles comme l’architecture originale des salles de réunions appelées « cases à palabres » ou l’utilisation des murs pour la transmission de messages inspirants donnaient une réalité à la finalité du lieu.

Bien sûr, les résultats concrets d’un tel laboratoire d’innovation sont aussi importants que le changement culturel qu’il active. Le livre en détaille quatre principaux. D’abord de nouveaux produits et services ont été explorés, comme des formations, des démarches d’accompagnement ou des méthodes innovation. Ensuite le Silex est devenu un incubateur en lien avec tout l’écosystème d’innovation de la ville de Lyon. De multiples partenariats y ont vu le jour. De plus le lieu a fait émerger un nouveau métier : celui d’ « expérience manager », qui permet à tous les utilisateurs d’un lieu de vivre une expérience unique et satisfaisante. La formalisation de ce métier représente en soi un résultat utile. Enfin une nouvelle démarche complète de communication faite de coresponsabilité, d’émergence et d’agilité a été construite qui peut être réutilisée dans d’autres contextes similaires d’innovation.

Au total nous apprenons que 40% des coûts du laboratoire étaient financés par le sponsoring et 20% par les prestations du Silex, dont la location d’espaces. Restent 40% dont l’évaluation du retour sur investissement est liée à la manière dont on valorise le changement culturel et comportemental et les quatre résultats concrets qui ont été présentés. A cet égard le livre montre la démarche originale de communication du Silex sur ses activités qui lui a permis de remplacer les traditionnels indicateurs de performance par des mesures d’impact auprès des publics visés.

Enfin le livre se termine par la description de la fin du Silex qui a fermé en 2019 pour de multiples raisons, négatives (comme un rejet de la part d’un réseau d’adversaires du projet) et positives (comme la volonté de réintroduire l’innovation au cœur du fonctionnement de l’école elle-même). En même temps, ce moment marque la naissance de ce que les auteurs appelent le « Silex 2 » qui consiste à continuer la démarche réalisée pendant deux ans sans la fixer dans un lieu physique. Plusieurs pistes sont ainsi dévoilées : l’utilisation des principes du Silex à la fois pour inspirer la construction du nouveau campus de l’école et pour certifier d’autres espaces de travail, de formation ou de transformation où l’innovation est centrale.

La culture française et le…

La culture française et le bonheur

Recension de « Petites mythologies du bonheur français » de Gaël Brulé, Dunod, 2020.

Attention OLNI ! Ce livre est une belle surprise, une sorte d’« objet à lire non identifié » sur le bonheur. Il nous immerge dans des couches successives de sens qui ne semblent pas connectées a priori mais dont les études scientifiques ont montré qu’elles sont en fait directement reliées. En profondeur il explique le bonheur en France vu comme la satisfaction à l’égard de la vie et qui est à un niveau relativement bas par rapport à l’ensemble des pays européens (tout juste au-dessus de celui de la Bulgarie, de l’Ukraine et de la Russie qui sont en queue de peloton). Mais il le fait en surface en décrivant des artefacts caractéristiques de notre pays, du bouchon de vin à la 2 CV. Le lien entre le bonheur et ces objets ? Les dimensions qui permettent de rendre compte d’une culture : la 2 CV par exemple est l’illustration du libertarisme. La spécificité de l’ouvrage est aussi que le choix des dimensions rendant compte de la culture française s’est fait sur le fondement de nombreuses recherches interculturelles. Selon celles-ci, six dimensions peuvent caractériser notre culture : l’attachement au passé, l’hédonisme, l’aversion au risque, la verticalité, la pulsion libertaire et l’idéalisme. L’annexe méthodologique nous montre de façon rigoureuse et exhaustive (sur près de 60 pages) la légitimité de ces mises en lien. Décrivons successivement les six ensembles « objet – dimension culturelle – impact sur le bonheur » qui sont présentés dans le livre et permettent de comprendre notre bonheur.

Le bouchon de vin représente l’attachement des français au passé, qu’ils partagent par exemple avec la Russie. 70% des répondants dans notre pays déclarent qu’ils aimeraient vivre à une époque ancienne. Ce lien fort au passé se traduit par un goût pour l’authenticité, par exemple par la valorisation du patrimoine historique, et dans les liens sociaux, où l’on a souvent peur qu’une communication fluide et positive ne soit pas sincère. Le lien fort au passé est aussi la source d’une douleur liée au fait que l’époque glorieuse du rayonnement de la France dans le monde est révolue. L’impact sur le bonheur de cette première dimension culturelle est ainsi plutôt négatif.

Le repas à la française est le symbole de notre hédonisme. C’est dans notre pays qu’on passe le plus de temps en moyenne par jour à table : 133 minutes (contre 62 pour les Etats-Unis). Et dans le monde, c’est la France qui a le score le plus élevé en ce qui concerne l’hédonisme. Les petits plaisirs de la vie, comme une discussion, un bon plat ou une pause en terrasse, représentent une dimension du bonheur. Les français sont également reconnus pour avoir développé un art de vivre subtil qui donne de l’importance à l’esthétique au quotidien (des vêtements à la décoration). La recherche du plaisir peut aussi être un raccourci superficiel menant à la dépendance et peut alors manquer de sens profond. Au total l‘hédonisme semble avoir un effet ambigu sur le niveau de bonheur français.

La clôture qui entoure une propriété est l’illustration de l’aversion française à l’incertitude. Notre triptyque diplôme – contrat à durée indéterminé – propriété et notre goût pour la bureaucratie signalent une peur du risque, de l’avenir et de l’inconnu. Celle-ci va de pair avec notre défiance de l’autre. Seulement 19% des français estiment que les autres sont dignes de confiance alors que c’est le cas de 74% des norvégiens. Le français qui se méfie a été comparé à une noix de coco (dure à l’extérieur et molle à l’intérieur), par opposition à l’américain qui ressemblerait à une pêche (où c’est le noyau intérieur qui est dur). Or les pays les plus heureux sont ceux où la confiance envers les personnes que l’on ne connaît pas est la plus élevée. L’évitement de l’incertitude a globalement un effet défavorable sur le bonheur des français, alors même que c’est la dimension culturelle qui a la plus forte corrélation au bonheur.
La classe d’école est le marqueur du lien aux autres. Il est fait en France de verticalité forte et de locus de contrôle externe. La verticalité est définie par le degré d’acceptation de différences hiérarchiques importantes. Quant au locus de contrôle, s’il est interne, on pense que ses décisions dépendent de soi, s’il est externe, on considère que ce qui arrive dépend de circonstances extérieures. Ces deux caractéristiques sont bien illustrées en France par le niveau d’attente par rapport à l’Etat qui est le plus haut de tous les pays occidentaux. Or une faible hiérarchisation de la société et un locus de contrôle interne sont des facteurs respectivement favorable et très favorable au bonheur. La classe d’école de collège où le niveau de bien être des élèves est très bas montre cette faiblesse française. Pourtant les attentes des français en matière de hiérarchie ne sont pas différentes de celles des européens du nord. C’est notamment cet écart entre préférences et réalité qui est à l’origine d’une forte remise en cause des hiérarchies.

La 2 CV est une voiture libertaire. Cet objet a été choisi pour témoigner du besoin fondamental pour la liberté vue largement comme la capacité de s’opposer aux autorités instituées. C’est en France que le niveau d’autonomie intellectuelle, qui englobe notamment cette dimension libertaire, est supérieur à celui de tous les autres pays. En même temps 32% des français aiment les leaders forts, soit plus que dans la plupart des pays occidentaux. Ils sont également proches des pays asiatiques pour ce qui est de leur rejet de l’individualisme. Enfin ils semblent n’accepter ni contrôle par les pairs (les retours des collègues au travail ne sont pas recherchés) ni le fait de voir le niveau de responsabilité augmenter au même rythme que le niveau de liberté. Cette volonté d’affranchissement vis-à-vis de ce qui est considéré comme une pression voir une oppression hiérarchique est telle qu’elle semble affaiblir ce lien à l’autre qui est pourtant une source importante de bonheur.

Enfin le journal représente la passion française pour les idées abstraites rationnelles et holistes et pour les symboles et les idéaux universels. Or l’empirisme et l’attention aux faits sont justement des caractéristiques permettant une concrétisation des idées favorable au bonheur.

En conclusion ces six dimensions ont plutôt un impact négatif sur le bonheur en France. Celui-ci est favorablement influencé par notre goût pour la liberté, les plaisirs de la vie, la beauté et l’authentique mais il est hypothéqué par le poids du passé, une verticalité pesante, un vif rejet de l’incertitude, un lien social et une vision de la responsabilité problématiques ainsi qu’une faible importante donnée aux faits concrets. Ces dimensions sont également souvent en conflit entre elles. La volonté libertaire par exemple s’oppose à la verticalité hiérarchique et étatique, ce qui produit à la fois une vision qui se veut moins individualiste de la qualité de vie et une logique de l’honneur personnelle apte à redonner un sens du contrôle en situation d’obéissance. L’effet négatif des caractéristiques culturelles françaises et leurs tensions pourraient expliquer le niveau plutôt bas de la satisfaction à l’égard de sa vie caractéristique de notre pays. C’est bien ce qu’il fallait démontrer.

Thierry Nadisic

emlyon business school, Paris, France

Professeur en comportement organisationnel, ses recherches ont pour thèmes les sentiments de justice et d’injustice, les émotions et l’épanouissement, au travail et dans la vie quotidienne. Il a récemment publié plusieurs ouvrages comme « Le management juste » (Éditions PUG-UGA, 2018), « S’épanouir sans gourou ni expert, le meilleur coach c’est vous ! » (Éditions Eyrolles, 2018) et « S’épanouir en temps de crise : 21 techniques de psychologie positive (Éditions Eyrolles, 2021). Blog et contact : www.thierry-nadisic.com

Pour citer cette recension :

Nadisic, T. (2021). Recension de « Petites mythologies du bonheur français » de Gaël Brulé, Dunod, 2020. Sciences &Bonheur, XXX.

Kaléidoscope numéro 3. Thibaud Zuppinger

Ce numéro de Sciences & Bonheur se penche sur la place du bien-être dans le milieu de l’enseignement. Thématique particulièrement sensible, tant les deux sujets sont au cœur de débats de société et confrontent différentes visions du monde, du vivre ensemble et de l’autre.

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Recension de « Le bien-être des écoliers ». Maurice Mazalto Sous la direction de Bénédicte Courty et de Jean-François Dupeyron (Presses Universitaires de Bordeaux 2017)

Recension de « Le bien-être des écoliers ». Sous la direction de Bénédicte Courty et de Jean-François Dupeyron (Presses Universitaires de Bordeaux 2017)

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Le bien-être du petit enfant aux Pays-Bas: Autonomie et socialisation en groupe dans les structures d’accueils préscolaires. Jacqueline de Bony

Résumé

Certaines enquêtes sur le bien-être de l’enfant placent les Pays-Bas en tête des pays européens. L’article analyse ce qui est proposé dans les structures d’accueil du petit enfant aux Pays-Bas en matière de développement individuel et collectif. Il révèle que, dès son plus jeune âge, l’enfant est initié au « sens du nous » et qu’il intègre une forme de communication en groupe caractéristique du consensus. L’article fait également apparaitre un contexte familial et social particulièrement propice au bien-être de l’enfant.

SUMMARY

In several surveys, Dutch children are first of the ranking in terms of well-being. The present article analyses the structures for children in terms of individual and collective development. One can observe that the early age child is invited to develop a « we-feeling » and that she integrates some form of communication characterised by consensus. In the present article, a family and social context fruitful for the well-being of the child.

MOTS-CLÉS

Crèche, Pays-Bas, socialisation

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Méditation laïque et bien-être, qu’en disent les élèves ? Cyrille Gaudin

Résumé

Alors que les effets de la méditation laïque en contexte scolaire sont majoritairement analysés dans le champ de la psychologie à partir d’études quantitatives, cette étude qualitative menée en Sciences de l’éducation vise à la fois à identifier ces effets à partir du point de vue subjectif d’élèves mais également à décrire leurs activités. Les résultats montrent tout d’abord que les élèves évoquent une diversité de bien-être ressentis par la pratique de la méditation. Ils sont de différentes natures (physique, psychologique ou social) et peuvent avoir des effets scolaires et extra-scolaires. Ils mettent ensuite en évidence que d’autres pratiques de l’atelier méditation sont appréciées par les élèves et participent à leur bien-être : le fait de leur proposer de guider une méditation et les échanges lors des débriefings. Enfin, ils montrent que le caractère collectif de l’expérience vécue dans l’atelier méditation contribue plus ou moins directement au bien-être des élèves. Les enjeux scolaires, éthiques et sociétaux liées à cette pratique sont finalement discutés.

SUMMARY

While the effects of secular meditation in the State school context are mainly analyzed in the field of psychology from quantitative studies, the qualitative study led in the field of Science Education aims both at identifying these effects from the pupils’ point of view and to describe their activities. The results first show that the pupils mention a diversity of well-being felt by the practice of meditation. They are of different origins (physical, psychological or social) and can have school and out-of-school effects. The results then highlight that other practices of the meditation workshop are enjoyed by the pupils and participate to their well-being: for example, offering them to guide a meditation and lead debates during debriefings. Finally, the results show that the collective nature of the experience lived in the meditation workshop contributes more or less directly to the well-being of the pupils. The ethical, social and school issues linked with this practice are finally discussed.

Mots-clés

Méditation ; bien-être ; effets ; activité ; élèves.

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Développer le bien-être des élèves grâce au flow : de la théorie à la pratique pédagogique. Rémy Pawin

Résumé

Ce papier décrit la mise en place d’un projet tentant de permettre aux élèves d’être mis dans des conditions de flow. Il a été mis en place dans un lycée dit sensible du 93.

Summary

This paper depicts an experiment that took place in a « banlieue ». The aim of the project was to favor the conditions of flow for children.

MOTS-CLÉS

Flow, cas pratique, Lycée

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Développer le bien-être chez les adolescents via la mise en œuvre d’actions liées aux motivations altruistes: une étude pilote. Rebecca Shankland, Matthieu Fouché et Evelyn Rosset

Résumé

Des recherches ont mis en évidence l’impact du bien-être sur la motivation, l’engagement, ainsi que la réussite scolaire et professionnelle. C’est pourquoi le développement du bien-être à l’école fait partie des priorités dans l’éducation aujourd’hui. Toutefois, il existe peu d’interventions validées auprès d’adolescents portant sur l’un des déterminants essentiels du bien-être : le sens de la vie. Celui-ci est notamment lié à l’engagement dans des actions en lien avec ses valeurs. S’appuyant sur les recherches dans le champ de la psychologie positive, une méthode favorisant l’identification des valeurs altruistes et la mise en œuvre d’actions solidaires a été conçue. Une étude pilote menée dans un lycée à Lyon (France) ayant pour objectif d’évaluer la faisabilité de ce programme auprès d’un public jeune, indique que des ajustements sont nécessaires afin de favoriser davantage l’identification de ses valeurs, la conception autonome d’interventions, la créativité et l’engagement des lycéens dans des actions solidaires.

Summary

Recent research has demonstrated the benefits of well-being in performance in multiple domains, including motivation and academic success. In part spurred by this research, well-being programs in schools are increasing, although relatively few are explicitly focused on developing a sense of meaning in adolescents, particularly in terms of finding engagement in daily activities and in line with one’s values. The present paper describes a pilot study of a program (in Lyon, France) designed to help young people develop meaning through carrying out projects aimed at improving the greater good. Results are promising but suggest modifications in terms of helping students identify their values, and in developing a greater sense of autonomy and increased engagement in their projects.

MOTS-CLÉS

Sens de la vie ; engagement ; altruisme ; bien-être ; école.

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Céline Giron. Pour des enseignants bienveillants : étude critique de l’entrée de la notion de bienveillance dans le champ scolaire français

RESUME

La bienveillance occupe désormais une place centrale dans le champ scolaire français. Il est en effet formellement attendu des enseignants qu’ils soient capables d’installer avec leurs élèves une relation bienveillante. Plus largement, l’éducation nationale les encourage à adopter une posture et des pratiques professionnelles bienveillantes. Si les effets positifs de la bienveillance sur le bien-être et la réussite scolaire sont bien identifiés par la recherche, un examen critique de la notion de bienveillance à l’école s’avère toutefois nécessaire. A partir des instructions officielles et en prenant appui sur les différentes dimensions de la bienveillance, nous montrerons comment de disposition individuelle, la bienveillance est devenue une compétence professionnelle à part entière. Nous examinerons également les débats suscités par l’entrée de la notion de bienveillance dans le champ scolaire français par le prisme du modèle de la discipline positive, de la psychologie humaniste et du care. Enfin, nous montrerons de quelle manière cette entrée de la bienveillance à l’école conditionne les pratiques de ses acteurs, professionnels et élèves, en les engageant dans un nouveau paradigme éducatif.

 

ABSTRACT

 

Benevolence holds for a few years a central position in the French education system. Teachers are formally expected to be able to establish a benevolent relationship with their students. The academic institution mostly encourages them to adopt a posture of kindness and benevolent professional practices. Even if the positive effects of benevolence on well-being and academic success are identified by researches, a critical review of the concept of benevolence in school education is necessary. Firstly we will study how benevolence has become a specific professional skill among teachers. By using the model of positive discipline, humanistic psychology and ethics of care, we will also consider the educational questions raised by the entry of the benevolence’s concept into the French education system. Finally, we will show how the concept of benevolence involves French teachers and students in a new specific educational paradigm.

MOTS-CLÉS

Bienveillance, Care, Discipline positive, Ecole, Psychologie humaniste

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